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August-September 2015

Recycler la Révolution: 1

THE EDITOR

Que votre langage soit : oui, oui, non, non :
ce qu'on dit de plus vient du Mauvais.

- Mattieu 5:37
 

« En beaucoup d'endroits (les Pères du Concile) ont eu à trouver des formules de compromis, dans lesquelles, souvent, les positions de la majorité se trouvent immédiatement à côté de celles de la minorité rédigées pour en limiter la portée. Ainsi les textes conciliaires eux-mêmes portent un potentiel élevé de conflits, ouvrant la porte à une réception sélective dans une direction ou une autre ».

Cardinal Kasper, Avril 2013
 

« Aujourd'hui je propose à ceux qui préparent le Synode de rédiger un texte qui puisse obtenir l'agrément de l'ensemble, d'une large majorité. C'est la même méthode que celle que nous avions adoptée au Concile ».

Cardinal Kasper, Juin 2015

 

 

La « méthode » conciliaire chérie par le Cardinal Kasper et ses camarades était mauvaise. Nous savons qu'elle venait « du Mauvais » parce que Son Éminence admet clairement qu'elle était taillée pour éviter le simple « oui, oui, non, non » exigé par Notre Seigneur en Matthieu 5:37. Caractérisée par la verbosité, l’ambiguïté, la fraude, cette méthodologie « progressive », nous en avons subi les fruits pendant 50 années désespérantes : un demi-siècle de contestations et de destructions qui ont épuisé tout le monde sauf les idéologues modernistes, dont la soif de tout abaisser n'est jamais étanchée. Soutenue par une papauté conforme à leurs rêves les plus fous, et l'assurance de Kasper d'avoir inauguré « une nouvelle phase de Vatican II, ils se sont fait un devoir de recycler leur vicieux mode opératoire (modus operandi) pour se mettre au service du « processus » initié par le Pape François pour promouvoir de facto un Vatican III ; l'aider à raser les bastions dogmatiques du Catholicisme une fois pour toutes.

La mise en place de la « méthode » de Kasper, le désir ambigu de notre si verbeux et si contradictoire Saint Père « d initier des processus plutôt que de posséder des espaces » (Evangelii Gaudium, 223) n'est, comme il se doit, qu'une farandole dans une incessante orgie de parlottes synodales. Cela permet aux Modernistes d'envahir la citadelle Catholique au moyen de « formules de compromis rédigées pour limiter la portée » de l'orthodoxie et « ouvrir les portes à une réception sélective » de la vérité et de l'hérésie, créant « un potentiel important de conflits » « la méthode même que nous avions déjà au Concile », triomphe le camarade Kasper. Cocorico !

Aucune surprise donc si les empreintes digitales du Cardinal Kasper figurent partout sur l'Instrumentum Laboris (le document de travail) préparé pour le Synode sur la Famille du mois prochain. Même si son assaut frontal contre l'indissolubilité du mariage et la sainteté du Sacrement Eucharistique n'ont pas pu obtenir la majorité des deux-tiers au cours du Synode de 2014, l'Instrumentum Laboris pour 2015 contient une section dans son soi-disant « Chemin Pénitentiel » qui est un plan moderniste pour approuver en masse les communions sacrilèges des divorcés remariés. John Vennari met le doigt sur d'autres manifestations du « style anti-dogmatique » de Kasper dans ce document de travail qui

contient aussi un nouveau questionnaire pour les évêques. Le document enjoint aux dirigeants de l’Église « d'éviter dans leurs réponses toute formulation de souci pastoral qui serait basé sur une simple application de la doctrine », parce qu'une telle approche « ne respecterait pas les conclusions du l'Assemblée du Synode Extraordinaire et conduirait leurs réflexions bien trop loin de la voie déjà indiquée ».

Doit-on s'attendre à ce que les Kaspérites l'emportent et nous envoient tous sur ce large chemin « qui conduit à la destruction » (Matt. 7:13)? Maintenant que le « processus » scélérat et sa méthode manipulatrice sont bien en route, on doit s'attendre à n'importe quoi. Sans aucun doute, en dépit du nombre que l'on peut supposer élevé de prélats qui rejettent d'entrée les thèses de Kasper, la marge étroite du scrutin au cours du Synode N° 1, qui n'a écarté que de justesse les doutes insidieux et les ambiguïtés concernant la sodomie, la cohabitation et le remariage après divorce doivent nous faire réfléchir. (Voir CO, Décembre 2014 pages 28-44). En particulier parce que ce nombre de votes misérable est tout simplement le reflet de la démoralisation et de la maladie du Catholicisme en général.

Le Chaos collectif

Suite à la récente décision de la Cour Suprême des États-Unis d'imposer le mariage homosexuel à tous les États américains, un Démocrate Californien s'est empressé de proposer une loi qui supprime les mots 'mari' et 'femme' du Code Fédéral. Un dirigeant évangélique ironisa: « C’est comme si une folie collective s'était installée au-dessus de l'élite de notre nation, et ils font tous leurs efforts pour amener tout un chacun sous le même nuage de confusion ».

La « folie collective », ce qu'on appelle communément « le politiquement correct », ne s'est pas seulement installée au-dessus des têtes de nos élites: elle a surtout oblitéré leur bon sens ; cette faculté qui, autrefois, les distinguait des animaux. En chemin, elle a éliminé tout sens du bien commun. Paradoxalement, à une époque d'hyper-individualisme, elle a écrasé les individualités: promouvant un intérêt chronique pour soi-même qui va de pair avec l'acceptation de toute et n'importe quelle idée lunatique proposée par la foule. Ce délire séculier serait déjà terrible. Mais en outre les élites athée qui détiennent les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ainsi que les média, qui tiennent les électorats occidentaux en otages de leur cupidité et leur sensualité, bénéficient maintenant de l'aide et de la complicité des élus de Dieu.

Si « désorientation diabolique » est plus précis, « folie collective » décrit exactement la trahison de la hiérarchie que nous vivons, ainsi que cela a été prédit par le Troisième Secret de Fatima. Elle s'est évidemment emparée de la pensée de groupe d'un troupeau épiscopal, lequel travestit sa déconstruction incessante de la Foi et de l'identité Catholique en un Nouveau Printemps de l’Église. Orchestrée par une minorité libérale agressive et soutenue par une tiède majorité néoconservatrice, cette manie épiscopale a, c'était inévitable, servi un pontife maniaque dont encyclique écologique Laudato Si porte la complicité et la connivence à un niveau inouï. Ceci ne veut pas dire que François est totalement responsable du trou noir dans lequel nous nous trouvons. La papauté du « Qui suis-je pour juger? » est simplement montée à bord et a mis le turbo dans une révolution qui battait légèrement de l'aile.

S'adressant aux nonces apostoliques réunis à Rome le 21 juin 2013, François avertit, sans l'ombre d'un retour sur lui-même, que « se laisser aller à l'esprit du monde nous expose, nous, pasteurs en particulier, au ridicule ». Ceci, de la part d'un Post-Conciliaire, héraut alarmiste du réchauffement climatique, qui prétend avec insistance que « vivre et laisser vivre est le premier pas vers la paix et la joie » ! Il n'est pas étonnant que les évêques, qui ont depuis longtemps ajusté leurs « plans d'action » et leurs « lettres de mission » sur le zeitgeist, courtisant l'approbation du monde exactement de la même façon que leurs vis-à-vis politiques, aient jeté toute prudence aux orties. Au moment même où j'écris, un porte-parole a annoncé que l'archevêque Nichols souhaiterait que les fameuses messes pour sodomites et lesbiennes sans repentir dont il s'est fait le champion voient considérées comme des modèles pour les autres paroisses. Dévider blasphème et sacrilège, tout en faisant la publicité d'un péché qui crie au ciel, voilà ce que sont aujourd'hui la justice et la miséricorde pastorales à Westminster. Délicieuse musique pour les oreilles de David Cameron !

En même temps, de l'autre côté de l'eau, l'archidiocèse de Newark confiait le soin d'une paroisse à un prêtre qui venait d'être éjecté de son poste de chapelain d'un collège américain après avoir posté un message LGTB sur facebook. « Transféré » mais non licencié, a insisté l'archidiocèse. « L’église ne chasse aucun prêtre pour sa tolérance ; elle ne condamne que ceux qui sont intolérants ». Ainsi, la promotion du vice constitue aujourd'hui une vertu, justifiant la promotion d'un sodomite auto-proclamé à une direction paroissiale. Qui plus est, grâce à l'Effet François, son nouveau troupeau n'est pas choqué par l'aventure. « Le pape a dit que Dieu ne juge pas, donc je ne juge par », ont-ils bêlé, comme un troupeau sans berger. « Si les Boy-Scouts peuvent admettre les « gays », qu'est ce que cela fait comme différence? » demandait un paroissien de 90 ans, comme s'il lisait un texte extrait de la dernière interviewe papale. Une jeune « ministre Eucharistique », exprima tout de même ses doutes, mais seulement pour les écarter. « Je sais que c'est contre l'Église, confessa-t-elle, « mais – qu'est-ce que vous pouvez-y faire ? En réalité, je suis heureuse ».

Eh bien, tout est OK alors. Tant que nous sommes tous heureux et disposés à applaudir. Pourquoi s’inquiéter de la déclaration du Vatican en 1961 (une déclaration faisant loi) selon laquelle « L'acceptation aux vœux religieux et aux ordinations devrait être interdite à ceux qui sont affligés (même seulement) de tendances mauvaises à l'homosexualité. » Et peu importe l'horreur infligée à Notre Seigneur par l'ignorance de cette sagesse et cette prudence : je veux dire la prolifération des dégradations et profanations sodomites de Son Saint Sacerdoce, du Saint Sacrifice, de son Précieux Corps, son précieux Sang, son Âme et sa Divinité et tout cela dans la maison même de son Père !

Le Synode pré-synodal

L’œil sur le Synode N° 2, les évêques européens ont fait la queue toute l'année pour s'opposer à l'enseignement de l’Église, sans un mot de reproche de la part du Souverain Pontife.

D'une façon emblématique, le 2 mai, quelques jours seulement après que les Irlandais ont voté le « mariage » homo, avec l'aide d'évêques complices et un remarquable silence du pontife, les présidents des conférences épiscopales l'Allemagne, de Suisse et de France le Cardinal Reinhard Marx, l'Évêque Markus Büchel et l'Archevêque Georges Pontier se rassemblèrent à l'Université Grégorienne de Rome pour une frappe synodale préventive. Là, avec quelques douzaines de théologiens et de journalistes sélectionnés, ils employèrent leur journée à singer la ligne partisane dévoyée de Kasper.

C'était une affaire sur-invitation seulement, portes-fermées (même des Jésuites proéminents de la Grégoriennes étaient complètement ignorants de ce qui se passait). La normalisation de la sodomie, par le recours à une « théologie de l'amour » informe séparant le sexe de la procréation dominait l'agenda. Mais ces sujets particuliers n'étaient qu'une partie de l'agenda principal: le changement de la doctrine de l’Église.

Parmi les orateurs, nous informe le National Catholic Register, figurait le Père Eberhard Schockenhoff, spécialiste de la théologie (im)morale, « dit le ' cerveau' organisateur d' une bonne partie de l'attaque menée contre l'enseignement établi de l’Église au sein de l'épiscopat germanique et, par implication, du Synode sur la Famille lui-même ». Une critique de Humanae Vitae (pour toutes les mauvaises raisons), il prétend que la théologie morale doit être « libérée de la loi naturelle » ce qui, tous comptes faits, fut le leitmotif des présentations. Andrea Gagliaducci relate que

Schockenhoff présenta une réflexion matérialiste, dont le pivot était les difficultés de la vie moderne, et il saupoudra généreusement sa thèse de citations du psychanalyste Erich Fromm et du sociologue marxiste Theodor Adorno.

Dans ses propos, Schockenhoff mit l'accent sur ceci que « l'on devait admettre que l'amour peut prendre fin » parce que « l'irrévocabilité du choix du mariage est basée sur ce que veut l'amour », et que l’indissolubilité est par contre « une requête que les époux prennent soin l'un de l'autre aussi longtemps qu'ils ont confiance en leur amour ». Au total, dit-il, c'est la conscience personnelle qui a la primauté, avec toutes les nuances de la vérité.

Cet appel insensé à une autonomie radicale, qui rendrait redondants et le dogme et le magistère catholique, n'est donc plus le débordement d'une frange de marginaux figés sur 1968. Schockenhoff n'est pas seulement écouté par l'épiscopat allemand, mais aussi par François lui-même, dont le cercle intime épouse des vues identiques. Que l'on examine cette déclaration du théologien favori du pape, un certain Walter Kasper:

S'il apparaît des différences entre l'enseignement doctrinal officiel de l’Église et l'expérience de foi quotidienne des laïcs – comme c'est souvent le cas aujourd'hui – ces conflits ne peuvent pas être résolus simplement par une répétition et un renforcement sans discussion des formules dogmatiques traditionnelles. La vérité de l’Évangile ne peut émerger que d'un consensus.

D'après le Cardinal Kasper, l'autorité du Magistère dépend du consensus des fidèles. Une autre insanité ! Et pourtant le Saint Père se laisse mener par Kasper. Ainsi que l’indique John Vennari, l'insistance du questionnaire du Vatican sur le point que la doctrine ne doit pas influencer abusivement « la formulation du souci pastoral » pourrait avoir été de la plume de Kasper, qui déclare : « Les questions du jour requièrent une exploration nouvelle et plus en profondeur de l’Évangile, de façon à stimuler de nouvelles réponses qui ne soient pas uniquement des conclusions abstraites tirées des croyances du passé ».

Déconstruction doctrinale

Puisque Schockenhoff et ses compagnons d'apostasie ne sont en aucune façon des marginaux, mais sont plus ou moins chargés de la direction de l'asile, quel est leur objectif final – et celui de Kasper? Un observateur perspicace du Vatican, Gagliarducci n'a aucun doute à ce propos:

En examinant attentivement les textes allemand, suisses et français du « synode clandestin », nous pouvons voir que ce qu'ils à quoi visent est, ultimement, une révolution théologique. … En bref, voici leur raisonnement : étant donné que ce que demande l’Évangile est un idéal que les hommes ne sont pas toujours capables d'atteindre, changeons l'idéal.

Au total, les observations du « synode de l'ombre » ne visent pas seulement à la promotion d’une approche plus pastorale du mariage, mais constituent surtout une tentative de le détacher de l'enseignement traditionnel de l’Église, sous prétexte que celui-ci serait trop difficile à suivre. A la fin, ces positions suggéraient un besoin irrésistible de s'accorder avec le monde, et de forcer l’Église à s'accorder avec le monde, et même en adoptant le langage (païen) du monde.

Cette capitulation linguistique à l'esprit du temps a atteint un nouvel abysse lorsque François a, évidemment, prononcé le mot « gay » pour couvrir du voile de Noé les actions des sodomites et des lesbiennes, actions tout à la fois dégénérées, débilitantes et mortelles. (Combien de temps avant que les termes « interruption de la grossesse », « droit de choisir » et « foetus » entrent dans le lexique papal, pour détourner de la nue vérité alors qu'il s'agit de meurtre, de meurtriers et de victimes d'assassinats ?)

Nous sommes assurés que rien de fondamental se passe ici: que la sécularisation de la langue et de la pratique n'affectera pas la doctrine. Typiquement, le Franciscain Argentin Ramiro de la Serna, qui connaît le pape depuis plus de 30 ans insiste :

Non, il ne changera pas la doctrine. Ce qu'il fera sera un retour de l’Église à sa vraie doctrine – celle qu'elle a oubliée, celle qui met l'homme au centre des choses. En remettant la souffrance de l'homme et sa relation avec Dieu au centre, ces attitudes raides envers l'homosexualité, le divorce etc. commenceront à changer.

Compris? Le pape veut simplement faire revenir l’Église à la vraie doctrine, la doctrine de miséricorde, qui place les gens avant le dogme, avant l'enseignement original, enterré sous des siècles d'accumulations de mesquineries magistérielles. Ainsi, la doctrine courante est fausse … et ainsi elle peut et doit être changée … mais il ne change pas la doctrine… « non, oui, oui, non » (… Ne sentez-vous pas la migraine monter ?)

La Révolution recyclée

Contradictoire et gnostique, voilà l'esprit de Vatican II qui resurgit et se glisse. Cependant, puisque les vielles nouvelles ne se vendent pas, la presse les présente comme fraîches et audacieuses.

En retour pour leur invitation à la Grégorienne, les journalistes ont répandu un message qui coupe le souffle. Un reporter de la Repubblica a transmis l'habituelle ritournelle moderniste en la qualifiant de « révolutionnaire, prononcé par des membres du clergé ». En même temps la Stampa citait un des camarades participants estimant que le Synode serait un « échec » s'il se contentait de continuer à affirmer ce que l’Église a toujours enseigné. Qui l'aurait cru ? !

Ce fut, en effet, un événement choquant et exécrable. Et il fallait que nous soyons mis au courant. D'autant plus qu'il s'agissait d'une initiative furtive. Pourtant, même sous la lumière scandaleuse du Synode N° 1, où le l'approbation de « l'accueil » des homosexuels actifs dans la vie paroissiale n'a raté la majorité requise des deux tiers que de deux votes, la propagande médiatique ne parvint pas à déguiser la déprimante prévisibilité de tout cela: c’est-à-dire, nous nous trouvons en face de mutins modernistes poussant à une révolution recyclée en utilisant des méthodes recyclées. Cela impliquait le mensonge habituel que leur 'théologie' subversive ne serait qu'un pure reflet du 'consensus' des laïcs mensonge concocté par la cuisine des 'questionnaires' habituels pleins de questions à sous-entendus, à la mesure des réponses libérales souhaitées. En fait, ce sont, comme d'habitude, des correspondants protestantisés de Suisse et d'Allemagne, qui ont élaboré ce faux consensus.

En outre, très opportunément, un spécialiste français de la Bible (hanté par Kasper) prétendit que le Magistère ne pouvait continuer à guider efficacement les consciences que par le biais « d'une dynamique de l'écoute mutuelle », qui « ferait écho aux paroles des baptisés » (comprenez : 'une dynamique de contrainte libérale' qui 'se fasse l'écho de ce que disent les baptisés apostats'). Le Père Schockenhoff, bien entendu, en fut d'accord, pontifiant que la conscience devait se former non par les principes reçus d'un magistère infaillible, pais par « l'expérience vitale des fidèles' » (comprenez : 'l’opinion personnelle des infidèles').

Les « Aliens » épiscopaux

Les vrais vilains de la pièce, toutefois, furent les évêques qui présidaient en cautionnant tout cela. Quelle équipe!

Dans notre éditorial de Juin/Juillet, nous mentionnions l'appartenance supposée de l'Archevêque gauchiste Pontier à la Franc Maçonnerie ; une affiliation qu'il n'a pas niée quand il s'est vu confronté à ses diocésains.

Pendant ce temps, juste la veille de ce synode clandestin, dans son homélie du dimanche de Pentecôte, le Cardinal Marx avait appelé à 'une culture d'accueil' dans l'église pour les sodomites, insistant sur le point « que ce n'est pas la différence qui compte, mais ce qui nous unit ».

Quant à l'évêque Büchel, de Suisse, au début du mois d'août, encore tout enflammé deux mois après sa sortie grégorienne, il faillit s'estropier dans sa hâte à contredire un confrère évêque qui rappelait la condamnation de la sodomie dans l'Ancien Testament. « Ce qui est décisif, c'est moins qu'une personne ait une inclinaison hétéro- ou homosexuelle qu'une approche responsable de la sexualité et toutes les autres dimensions relationnelles (telles que l'attention, le souci de l'autre, le respect ou la fidélité) », dit-il. « Ici il nous est permis, en tant que fidèle catholique, de faire confiance en la conscience de chaque individu ». Mettant en exergue un faux amour et une fausse affection plutôt que la loi naturelle et divine, il reprit également le Grand Mensonge : que les sodomites seraient « nés comme cela ».

Pontier, Marx et Büchel sont bien représentatifs des « aliens » parmi nous : des prélats aliénés du Christ, de Son Magistère, de Son troupeau fidèle. Mais non pas, hélas, de Son Vicaire d'aujourd'hui sur la terre, qui les encourage dans leur folie, comme nous l'avons vu lors de l'infernal Synode de 2014, et qui continue à régner dans le chaos jour après jour.

Le premier août, l'Archevêque de Hambourg, Stefan Hesse proclamait que la sodomie et le lesbianisme ne constituent pas des barrières à « l’amour et la fidélité entre deux personnes ». Quant au saint mariage, il est à fond pour « l'idéal du mariage » mais désire que l’Église invente « des formes vivables » pour les divorcés-remariés: en somme, une liquidation politiquement correcte du Corps et du Sang du Christ.

Pendant ce temps, le jour même de la débâcle de Büchel, un évêque espagnol permettait à une femme de 21 ans qui se définissait comme un homme, d'être le parrain au baptême d'un de ses neveux. L'évêque de Cadix avait à l'origine repoussé la demande de cette femme d'être parrain. Il le faisait pour le motif parfaitement raisonnable qu'elle ne vit pas en accord avec l'enseignement moral de l’Église. Mais tout ce qu'il fallut pour le faire passer de la foi catholique à « la folie collective post-conciliaire », ce fut une pétition nationale de protestation signée par 35 000 Espagnols politiquement corrects. Soudain, son Éminence se mit à battre le tambour de l'émotion pour les déviances sexuelles. « Être homosexuel ne constitue pas une raison d'être exclu de la mission de parrain », déclara le diocèse, inversant d'un seul coup et la Foi et la biologie.

Le Facilitateur papal

Rapportant ces incessants scandales pour LifeSiteNews, l'intrépide Maike Hickson attire l'attention sur l'orchestration papale : la folie s'accélère « en un temps où le pape Francis lui-même parle sans arrêt de l'importance de l'accueil des divorcés 'remariés' dans les paroisses et d’éviter toute attitude négative à leur égard et à l'égard de leurs enfants sans mentionner une seule fois en tant que pasteur universel qu'ils vivent, objectivement parlant, dans un état de péché. Beaucoup de Catholiques s'en affligent et prient et espèrent qu'il prononcera bientôt des paroles d'autorité pour défendre, au milieu d'une anarchie grandissante, l'enseignement de Jésus-Christ Lui-même, ainsi que le Cardinal Raumond Burke l'a demandé il y a presque un an ».

Les lecteurs se souviendront que, pendant le Synode de la Sodomie, le Cardinal Burke condamnait sans hésitation la Relatio post disceptationem: le scandaleux rapport intérimaire fabriqué par les laquais de Bergolio qui contrôlaient les débats (l'équipe des pro-homo, pro-divorce-et-remariage, pro-n'importe quoi à la mode). Il dit :

Le document manque d'une solide fondation sur l’Écriture Sainte et le Magistère. Dans une matière où l’Église a un enseignement très clair et très riche, il donne l'impression d'intenter un enseignement entièrement neuf, qu'un des Pères du Synode a qualifié de 'révolutionnaire' sur le mariage et la famille. Il invoque à plusieurs reprises =et d'une manière confuse des principes qui en sont pas définis, par exemple, la loi de gradualité.

Faisant appel au pape François pour qu'il fasse une déclaration défendant la doctrine catholique, le Cardinal dit :

Le débat portant sur ces questions se poursuit maintenant depuis presque neuf mois, en particulier dans les média laïcs, mais également par le biais des discours et des interviewes du Cardinal Walter Kasper et d'autres qui sont d'accord avec lui.

Les fidèles et leurs bons bergers se tournent vers le Vicaire du Christ pour qu'il confirme la foi et la pratique catholique concernant le mariage, le quel est la cellule première de la vie de l’Église. A mon avis, une telle confirmation n'est attendue que depuis trop longtemps.

Il faut dire que, depuis lors, François a, effectivement, fait de nombreuses déclarations de soutien au mariage et à la famille. Les Néoconservateurs accusent souvent, à tort, les critiques du Saint Père de ne pas lui reconnaître ce côté, comme si leurs reproches étaient sans fondation, mesquins et irrationnels. Mais il n'est nul besoin d'ajouter, de soustraire ou d'exagérer quoi que ce soit. Le problème n'est pas, en soi, le côté orthodoxe du pape, mais précisément ceci: qu'il s'agit uniquement d'un côté de sa personne papale: celui qui parle clairement au milieu de sorties d'une ambiguïté voulue et pleines de contradictions, celles de l'autre côté.

Double-langage ruineux

L'écrivain et auteur Atila Sinke Guimaraes a commenté longuement Evangelii Gaudium, la prolixe exhortation apostolique qui présentait le programme de ce pontificat. Laissant de côté l'absence de toute citation « d'un seul document du Magistère Catholique antérieur à Vatican II » et le recours à 'un argot incompatible avec la dignité papale', Guimaraes trouva l'encyclique criblée de contradictions internes. Celles-ci comprenaient, parmi beaucoup d'autres : l'opposition entre clarté et confusion, entre idéaux et réalités ; des appels à ne pas étudier la doctrine face à des appels à l'étudier ; l'affirmation que l'encyclique n'était pas un document social, face l'affirmation quelle l'était. Ces contradictions, écrit-il, « constituent à elles seules un triste indice de ce que [François] est en train de faire pour détruire, de fait, le pouvoir d'enseignement du pape ».

En outre, la crédibilité de la Foi et de la papauté se trouve diminuée non seulement pas ces écrits mais encore par toutes ces déclarations complaisantes et ces interviewes à la mitraillette mettant en scène la même personne contradictoire, confuse et incohérente.

Ayant passé plusieurs années en tant qu'assistant pour la presse de Bergoglio à Buenos Aires, Frederico Wals demanda à l'infortuné Père Lombardi, dont le rôle au Vartican est essentiellement la reproduction de celui de Wals autrefois, « Alors, Père, quel est votre sentiment concernant mon ancien patron ? ». Avec un sourire contraint, Lombardi répliqua : « confuse ». Faisant d'un air songeur la comparaison avec précision germanique de Benoît XVI, Lombardi raconta un jour au journaliste Robert Draper : « C'était incroyable. Benoît était si clair… - deux minutes et j'avais parfaitement saisi le pourquoi (de la conversation), tandis qu'avec François – 'Celui-là est un homme sage ; il a eu des quantités d’expériences intéressantes'. » [National Geographic, Août 2015)

Bon. Il y a eu, sans aucun doute des pontifes pré-conciliaires à qui manquait aussi l'efficacité teutonique de Benoît XVI. Mais, quels qu'aient été leurs manquements personnels, ils comprenaient tous que la clarté, la précision et la cohérence étaient essentielles à la papauté ; qu'un esprit désordonné et une langue non contrôlée étaient à éviter comme la peste, puisque ce sont choses qui invitent aux contradictions et au double-langage – et au scandale !

Saint Pie X a attiré l'attention sur cette habitude déplaisante de parler avec une langue double – disant une chose puis son contraire – qui est la quintessence du Modernisme, totalement destructrice de la vérité et de l'ordre catholiques. Mais c'est ce qui définit la papauté présente.

Cela ne sert pas à grand-chose que le pape François dénonce, par exemple, le 'mariage' sodomite comme « l'envie du demon » ou qu'il fustige, comme il l'a fait aussi devant plus d'un millier de familles à Manille le 16 janvier, « la nouvelle colonisation idéologique qui tente de détruire la famille », quand les homosexuels et les sympathisants de l'homosexualité qui ont colonisé l’Église célèbrent, avec la bénédiction papale, les 'dons' des sodomites et les 'familles' hybrides, même et surtout lors des synodes.

Si vous protégez cette cinquième colonne Kaspérite, pro-homo, pro-divorce-et-remariage, à quoi bon demander aux fidèles de Manille de « proclamer la beauté et la vérité du message Chrétien devant une société qui est tentée par des présentations trompeuses de la sexualité, du mariage et de la famille »? Pourrait-il y avoir une plus grande incitation à la confusion que les présentations contradictoires par le pape de la sexualité, du mariage et de la famille auxquelles nous sommes en ce moment confrontés ?

Et à quoi bon mettre en accusation les initiatives qui se multiplient « pour redéfinir l'institution même du mariage par le relativisme, par la culture de l’éphémère, par un manque d'ouverture sur la vie », comme François l'a dénoncé, ainsi que c'est son devoir, dans la cathédrale de Manille, si c'est seulement pour se moquer publiquement d'une mère héroïque qui a accepté de souffrir pour mettre au monde des enfants nombreux, comme il l'a fait, au vu de tous, peu après ? De fait, à quoi bon recommander Humanae Vitae, comme il l'a fait également, tout en martelant le slogan contraceptif de « la parenté responsable », décrétant que « trois enfants par famille » serait « le nombre idéal » pour le renouvellement des populations, et donnant de la crédibilité à la raillerie partisane sur les catholiques « qui se reproduisent comme des lapins » - tout cela délibérément et en un seul souffle ?

Duplicité matrimoniale et familiale

Récemment le présent auteur lisait neuf réflexions sur la famille présentées par François lors de ses audiences du mercredi au début de 2015. Partant de la Sainte Famille et passant au rôle et à la contribution de la mère, du père, des enfants, des descendants, des grands parents et des aïeux, elles contenaient de nombreux passages agréables. Mais là encore, il était impossible de les lire sans se rappeler les actions papales contraires et les omissions qui réduisaient à néant leur impact.

Une belle façon de saper d'un seul coup l'ensemble de ces considérations sur la famille fut le mariage multiple solennellement présidé par François dans la basilique Saint-Pierre le dimanche 14 septembre 2014. En effet, parmi les 20 couples qu'il avait invités de sa propre initiatives, il y en avait plusieurs qu'il savait être dans des situations irrégulières – des couples dont un des deux avait divorcé civilement ; des couples ayant cohabité un long laps de temps, des couples avec des enfants nés hors mariage. En dépit de la nature publique de ce spectacle médiatique, rien ne fut dit d'une possible repentance ou d'une pénitence exigée par François pour permettre à ces personnes de se marier et de recevoir la Communion – ce que la justice exigeait pour éviter le scandale. Or c'était le mois qui précédait le Synode N° 1, et ainsi un message clair était émis, comme pour dire : 'Je veux que la moralité change de façon à ce que les trois situations citées plus haut ne soient plus désormais considérées comme peccamineuses. En conséquence, les personnes dans ces situations ne devraient plus être écartées de la vie de l’Église ou interdites de Communion'. Ce message non-dit de fausse miséricorde fut parfaitement compris par une épouse irrégulière. En extase pour s'être entendu dire qu'elle pouvait "avoir le beurre et l'argent du beurre", elle rayonnait: « Nous espérons que notre histoire personnelle donne espoir à ceux qui sont en cohabitation et ont renoncé à se marier devant Dieu » (c’est-à-dire : selon nos propres termes, et sans recours au confessionnal).

Après cette spectaculaire et publique contradiction de la vérité du sacrement de mariage et de la vie familiale, on ne pouvait que s'attendre à toutes sortes de duplicités dans les audiences du mercredi. Parmi de nombreux exemples, le conseil aux pères « de corriger sans humilier... de façon juste » fut particulièrement dur à avaler. Le Saint Pères est réputé non seulement pour distribuer des insultes tout autour de lui à l'endroit de ses fils et filles traditionalistes, mais aussi pour sa façon d'humilier la mère irréprochable mentionnée plus haut, et la façon brutale et injuste avec laquelle il a dispersé les Frères Franciscains de l'Immaculée, pourtant également irréprochables et tout à fait admirables.

« En ce qui concerne les enfants », implora François devant un certain groupe « aucun sacrifice de la part des adultes ne peut être trop coûteux ou trop grand ». Si c'est le cas, pourquoi nous dire d'abaisser le ton des manifestations pour la vie et nous prier d’abandonner notre obsession du massacre des bébés dans le sein de leur mère ? Pourquoi laisser les chiens de Kasper mettre en pièces l'enseignement si clair de Notre Seigneur sur le mariage, quand tant d'enfants ont souffert, si terriblement et depuis si longtemps, de la rage de destruction similaire des protestants ? Et, puisque « aucun sacrifice » pour les petits enfants « n'est trop grand », pourquoi cette acceptation facile de 'l'échec irréparable', comme si la séparation était toujours la seule solution ?

Lors d'une audience plus récente (le 5 août), François reprit la fameuse expression païenne auto-réalisatrice : « ceux qui, suite à la faillite irréversible de leur lien matrimonial, ont commencé une nouvelle union ». Poussant à une trompeuse compassion d'une manière typiquement hypocrite, il insista sur le fait que de tels paroissiens « ne sont pas excommuniés » (comme si quiconque avait prétendu qu'ils l'étaient!) « et ne doivent pas être traités comme tels » (comme s'ils l'étaient!). Aucune mention ne fut faite des nombreuses séparations qui ne sont pas irréversibles, aucune incitations à ces époux à rétablir leur vie conjugale ; aucun rappel de ce que « il n'y a aucun sacrifice trop coûteux ou trop grand » pour guérir leur lien matrimonial brisé dans l'intérêt de leurs enfants.

Confusion entre la Foi et les Œuvres

Puisque François utilise souvent cette sorte d'hyperbole trompeuse pour faire avancer son agenda, nous devrions prendre garde à l’accent qu'il met sur les 'irrécupérables' supposés persécutés. C'est une indication supplémentaire de ce qui nous attend au prochain Synode, l'appel ultime à la mobilisation au service de son entreprise pour imposer à l’Église universelle sa propre pratique de la désobéissance dans les villas miserias.

« La Communion pour les divorcés remariés n'est pas un problème là-bas [dans les bas quartiers de Buenos Aires, où son Éminence Bergolio exerçait son ministère]. Là-bas tout le monde communie. » nous a affirmé joyeusement un prêtre diocésain.

Car c'est là, dans les villas miserias, que la papauté du « Qui suis-je pour juger » a pris racine, parmi les curas villeros (les prêtres des bas quartiers), qui, « pratiquement tous », selon un journaliste en état de choc, entretiennent concubines et enfants, ou des partenaires homosexuels. C’est là, parmi la misère chronique, que la praxis s'est donné la prééminence sur le dogmatique, là que l'évangile social l'a emporté sur l’Évangile du Christ et sa théologie catholique dans le cœur et l'esprit de l'évêque Jorge. Car, au contraire de la Bienheureuse Thérèse de Calcutta et de myriades de saints, qui tous connaissaient une chose ou deux en matière de taudis grouillants et de pauvres entre les pauvres, lui s'est montré incapable de voir que, sans la doctrine catholique, l'action pastorale, si estimable qu'elle soit, régresse rapidement vers la pure philanthropie, au service du zeitgeist : l'esprit du monde qu'il condamne hypocritement.

Un credo pastoral « d'assistancialisme stérile [d'assistance matérielle] » concluait le journaliste cité plus haut après ses observations sur place et ses entretiens dans les bidonvilles « ne conduit nulle part, maintient les pauvres dans la pauvreté, les paresseux dans la paresse et les pécheurs heureux dans leurs péchés. » Le pape ne se rend pas compte de cette inexorable régression pour une raison élémentaire : il ne croit plus à l'enseignement catholique selon lequel la Foi « est en premier lieu concernée par la doctrine et est la marque de l'assentiment de l'âme à une vérité ». Ce n'est pas la traduction de la foi en quelque œuvre louable, mais la foi dans son sens doctrinal qui « apporte les bénédictions et le salut à l'âme », explique Saint Cyrille de Jérusalem, docteur de l’Église.

Cette façon catholique de comprendre les choses nous préserve aussi de toute distorsion émotive de la foi par l'école Bergo-Kaspérite; et aussi de sa fausse charité, sa fausse miséricorde et sa fausse compassion. Déconnectées des vérités dogmatiques, celles-ci ne sont qu'une bouillie de bons sentiments, et mettent en péril le salut de toutes ces âmes inconsistantes sur lesquelles elles se déversent, qu'elles soient riches, pauvres ou moralement dégénérées.

Ou aussi, en fait, les divorcés-remariés. Pour ceux-là, la vraie miséricorde impliquerait de prendre le Christ à son mot dogmatique : « Or je vous le dis: quiconque répudie sa femme – à moins qu'il ne s'agisse d'un faux mariage) - et en épouse une autre, commet un adultère." (Matthieu 19 : 9 ).

De même, ni la charité authentique ni la compassion sincère ne présentent le mariage comme un « idéal » abstrait, hors de portée de mortels inconsistants ( comme postulé par ce propos entendu du pape selon lequel 50 pour cent des mariages pourraient être invalides, et sa création d'une commission de canonistes en vue de mettre en place une procédure rapide pour les procès en nullité). Au contraire, elles présentent le mariage comme une vocation bénie spécialement par Dieu et par conséquent parfaitement capable de passer à travers les difficultés, même celles qui sembleraient insurmontables, avec Son aide.

Dans cette optique, il est significatif que le Saint Père ne mentionne que rarement une anecdote charmante datant de sa période allemande (il fut exilé en Allemagne en 1986 par ses supérieurs jésuites après un épisode désastreux comme provincial d'Argentine). Paul Vallely a raconté dans Newsweek que, dans une église d'Augsbourg, celui qui était alors le Père Bergoglio, S.J. « découvrit un tableau qui avait été commandé pour célébrer l’œuvre du vieux et sage jésuite qui avait sauvé le mariage branlant d'un aristocrate Bavarois du XVIIe siècle. Sous l'appellation de 'Marie qui dénoue les nœuds', il représentait la Vierge Marie défaisant les nœuds du long ruban qu'on avait utilisé pour célébrer les noces du hobereau et de sa femme ».

Au lieu de se répandre en considérations fatalistes sur « l'échec irréversible », pourquoi ne pas exploiter et mettre en valeur, à temps et à contre-temps, les leçons qui peuvent être tirées de cette manifestation céleste de la réversibilité que permet la grâce ? Pourquoi promouvoir, à la place, une déconstruction sophistique de la doctrine et de la moralité catholiques, en utilisant tous les moyens malhonnêtes possibles à cette fin : des secrétariats synodaux noyautés et des questionnaires déloyaux; la suppression des contre-arguments catholiques (comme on l'a vu avec la confiscation d'un livre critique écrit par cinq cardinaux orthodoxes en préparation du Synode); ou en réintroduisant les propositions de Kasper sur le divorce et le remariage dans l'Instrumentum Laboris du Synode II, malgré leur échec à obtenir la nécessaire majorité des deux tiers lors du Synode I ?

« Des changements profonds et définitifs »

Pourquoi toutes ces manœuvres sournoises et ces abus de pouvoir ? Parce que c'est ce que font les idéologues modernistes; « ils dédaignent toute autorité et n'admettent aucune mesure; et, s'appuyant sur une conscience faussée, ils s’efforcent d'attribuer à un amour de la vérité ce qui est en réalité le résultat de l'orgueil et de l'obstination. » [Pascendi, 3]

Cette observation accablant de Pie X englobe à la fois le mépris du pape actuel pour le principe de non-contradiction, lequel sape toute autorité et toute retenue, et « l'orgueil et l'obstination » de François en cherchant obstinément de changer notre sainte Foi: ce dépôt qui lui a été confié pour qu'il le protège et le transmette tel qu'il l'a reçu.

Son ombre israélite, le Rabbin Skorka, admet qu'il « peut être une personne très obstinée ». Mais c'est là un moindre mal. En septembre dernier, à la veille du Synode I, mentionnant la supposée 'approche basée sur le consensus' des synodes et des questionnaires, un Argentin avertissait :

Si vous pensez que le pape François va apporter la collégialité dans l’Église, vous êtes à côté de la plaque: c'est le temps où il est au pouvoir, et il va l'utiliser. Il tolérera une certaine forme de collégialité, mais seulement sur les sujets qui ne l'intéressent pas, et seulement s'il ne peut pas faire autrement. Et, soit dit en passant, la doctrine est une de ces sujets.

Quelques mois plus tard, un prêtre en contact journalier avec François confirmait cette opinion lors d'un rassemblement de dix prêtres argentins et chiliens : « la dernière chose que m'a dite le pape avant que je vienne fut de prier pour qu'il puisse effectuer des changements profonds et définitifs dans l’Église, de façon à ce qu'ils ne puisse jamais plus être modifiés ». Un autre clerc a ajouté que « Ce qu'il nous faut faire est changer la doctrine, parce que, si elle n'est pas changée, dans 300 ou 400 ans, on pourrait ramener tout cela ».

Ramener quoi précisément ? L'adoration du Dieu Tout-Puissant toujours et partout, d'une façon stricte, solennelle et manifestement catholique? L'ancienne messe, tant aimée et providentiellement adaptée à la fois pour une Église universelle et un village planétaire ? A des monastères bondés, des couvents, des séminaires, des églises bondées et des vagues de missionnaires pleins de zèle ? Aux jours des 'Oui' et des 'Non' papaux, avant « le nouveau genre de discours papal qui n'accorde pas d'importance à la précision » (ainsi que le Père Lombardi a décrit l'incohérence de Bergoglio) ? A l'unité de la foi orthodoxe, des esprits et des objectifs, qui a suscité d’innombrables apostolats sociaux et associations pieuses parmi les laïcs ? A la préséance donnée à la loi divine, au droit et à la justice divines plutôt qu'à leurs versions profanes ?

Ainsi que les deux questionnaires synodaux y ont clairement fait allusion, retourner « en arrière » vers tous ces succès nourris par le dogme n'est pas une option ; c'est ce qu'il faut éviter, au moyen de « changements » sans fin impliquant une évolution et une adaptation de l'enseignement de l’Église aux lubies et aux modes (autre façon de désigner l'Anglicanisme). « La communion des divorcés-remariés est … seulement la pointe de l'iceberg, c'est un ‘stalking horse’ [une prétexte]», dit le Cardinal Pell. « Ils veulent des changements plus vastes, la reconnaissance des unions civiles, la reconnaissance des unions homosexuelles ». D'après ceux qui le connaissent le mieux, nous devons nous attendre à bien davantage encore de François.

« Je crois que nous n'avons pas encore vu le vrai changement [sous François] », a récemment commenté son vieux compatriote Ramiro de la Serna. Un autre confident du pape, le pasteur protestant Norberto Saracco, est d'accord : « S'il peut survivre aux pressions de l’Église aujourd'hui, et aux résultats du Synode sur la Famille en Octobre, je pense qu'ensuite, il sera prêt à s'en prendre au célibat ». Comme Robert Draper lui demandait si François lui avait dit cela ou s'il se fiait à son intuition, l'ami pentecôtiste du pape sourit finement et dit : « C'est davantage que mon intuition ».

Mission Messianique

La main de fer Bergolienne sortira-t-elle tout à fait du gant papal de 'gradualisme' sophistique pour imposer brutalement le changement ? Cela reste à voir.

D'un côté, François pourrait aller à la rupture en octobre, en usant de son autorité suprême (soulignée en conclusion du Synode N° 1) pour écraser l'opposition et imposer l’acceptation des déviations sexuelles et la communion pour les divorcés-remariés.

D'un autre côté, face à une opposition sérieuse, il peut décider de se taire et d'attendre, « sans l'obsession de résultats immédiats », comme il l'explique dans Evangelii Gaudium, puisque « la chose importante est d'initier des processus ». De cette façon, il pourrait laisser intacte la rage de l'épiscopat dissident tout en redéfinissant et en déconstruisant la Foi par des attaques hypocrites.

Quoi qu'il arrive, rien ne détournera Jorge Bergoglio de la mission messianique qu'il s'est donnée de déraciner la Foi : de recycler et donner l'étiquette de « Catholique » aux déchets théologiques et moraux de la révolution sexuelle qu'il a découverte incarnée dans les prêtres et la population des villas miserias, qui ont conquis son cœur. Baptisés sous des appellations orthodoxes, leur amour libre, et leur fausse charité se trouvent aujourd'hui présentés comme une théologie nouvelle et miséricordieuse d'amour et de libération, débarrassée de ses références marxistes et pragmatiquement adaptée à notre époque post-chrétienne. Cependant cet évangile social venu des bas quartiers d'Amérique Latine se révèle au contraire tous les jours plus insolemment comme l'évangile socialiste tourné vers la terre, uniquement focalisé sur l'homme, exploiteur et violent qu'il a toujours été.

Témoignant de cette réalité dans cette édition de Christian Order, l'appel filial du Prince Bertand n'a que peu de chance de convaincre notre pontife « très obstiné » de mettre fin à sa prédication de cet évangile contrefait. Ou de le dissuader de transformer l’Église en une espèce supérieure de soupe populaire onusienne au service du zeitgeist et de ses maîtres socialistes. Peu importe. La vérité tire des balles éclairantes que même les élus de Dieu ne peuvent éviter. Et ainsi, nous découvrons que certains de ceux qui se sont laissés convaincre par la légende libérale d'un François Humble/Miséricordieux/Grand Réformateur, qui ont laissé à Jorge Bergoglio le bénéfice du doute, qui l'ont défendu contre l'indéfendable en ont, grâce à Dieu (enfin!) eu assez. Andrea Gagliarducci, du site MondayVatican, est l'un d'eux. Au terme de son analyse du 'Synode de l'ombre', le 27 juillet, il écrivait:

Ce que nous voyons aujourd'hui est une église plus séculière en train d'occuper le centre de la scène, une Église qui utilise un vocabulaire séculier… Une fois que l’Église perd sa capacité de s'exprimer avec son propre langage, elle se perd …. Le présent site a, jusqu'à aujourd'hui, donné les interprétations les plus charitables possibles des actions du pape François. Maintenant, il semble indéniable, même à nos yeux, que ce à quoi il s'oppose, c'est la théologie et la raison.

Les méthodes corrompues et le contenu dégénéré de son « processus synodal » justifient à eux seuls l'accusation. Tragiquement, l'éclairante somme de théologie et de raison catholiques que Thomas Belfatto a rédigée à notre intention à la veille du Synode II n’est pas un travail que François recommanderait. Certainement pas à ceux qui sont ses compagnons socialistes!

 

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